Édition synthétique

Les migrations

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 Les migrations internes en Corée ont connu une longue période de croissance en lien avec l’industrialisation et l’urbanisation. Depuis le début des années 2010, elles diminuent petit à petit en raison de l’amélioration des réseaux de transport et du vieillissement de la population. Les migrations vers l’aire métropolitaine de Séoul se sont intensifiées pendant les années 1970 et 1980, les nouveaux arrivants venant y trouver des emplois et des écoles. Depuis les années 1990, des politiques de rééquilibrage entre régions en matière de développement ont été mises en œuvre pour désengorger Séoul. De nombreuses institutions publiques et sociétés privées ont été relocalisées en dehors de cette aire métropolitaine. La population de la municipalité de Séoul a connu un pic en 1990 avec 10,6 millions d’habitants. Depuis, la population a progressivement diminué, les émigrants s’installant pour beaucoup d’entre eux à Incheon ou dans la province du Gyeonggi.

 En 2014, la ville autonome spéciale de Sejong, une ville nouvelle qui abrite plusieurs ministères, affiche le taux de migration brut le plus élevé avec 57%. Geochang, dans la province du Gyeongsang du Sud, a le taux le plus faible avec 15%. Pour ce qui est du taux de migration net, le taux négatif le plus extrême est celui de l’arrondissement de Yeongdo à Busan avec -25%. Inversement, la ville de Sejong a le taux positif maximal avec 24%.

 La classe des 20 à 40 ans présente les taux de migration les plus importants. La ville de Sejong connaît un taux de migration interrégional de 82%, le plus élevé parmi les 17 collectivités régionales. Le Jeolla du Nord a le taux le plus faible avec 26%. Le Gyeonggi présente le taux de migration intrarégional le plus haut avec 41% au niveau administratif des collectivités locales de base. La ville autonome spéciale de Sejong a le taux le plus bas avec 18%.

 Des migrations sont organisées par les réseaux de transport, en direction des banlieues. La carte du taux de migration total en 2014 prend en compte les immigrants et les émigrants au niveau administratif des collectivités locales de base. La légende va de moins de 20% à plus de 35% et précise que la moyenne nationale se situe à 27,4%. Le taux de migration est plus élevé dans le centre-nord (près de la zone démilitarisée), dans la région industrielle d’Ulsan-Busan, et tout le long de la partie occidentale traversée par le second axe de transport le plus emprunté du pays.

 La carte du taux de migration net en 2014 présente de larges seuils, allant de - 10% à plus de 10%. La moyenne nationale est de zéro. Alors que la plupart des centres des aires métropolitaines et des grandes villes perd de la population, les banlieues affichent des gains. Cette distribution indique que les habitants des centres des grandes villes saturées sont désireux de déménager vers les banlieues, devenues plus accessibles avec l’amélioration des modes de transport au cours des dernières décennies. Le réseau du métro de Séoul s’étend ainsi dans de nombreuses directions pour desservir l’ensemble des périphéries. Ce phénomène engendre des formes spatiales nouvelles organisées par les mobilités pendulaires (voir p. 101).

 Les migrations internationales de Coréens comprennent les émigrations de ressortissants coréens partis résider ou vivre à l’étranger, ainsi que les immigrés venus s’installer en Corée. La catégorie des « Coréens d’outre-mer » (jaeoe dongpo) est constituée des ressortissants sud-coréens à l’étranger et des personnes d’origine coréenne possédant une nationalité étrangère. En 2014, on comptait environ 7,2 millions de Coréens d’outre-mer, principalement en Chine, aux États-Unis, au Japon et dans les pays de l’ex-URSS. Auparavant, les Coréens qui s’expatriaient choisissaient très majoritairement de vivre aux États-Unis, mais plus récemment, de nouvelles destinations sont apparues, parmi lesquelles le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le nombre de Coréens d’origine étrangère qui vivent en Corée est passé approximativement de 270 000 en 2006 à 700 000 en 2014. Pour cette dernière année, environ
290 000 d’entre eux (42% du total) étaient des Coréens d’outre-mer détenteurs d’un visa spécifique leur offrant un statut solide permettant de vivre et travailler en Corée du Sud. Ils sont suivis par 280 000 personnes (40% du total) titulaires d’un visa de travail temporaire. Enfin, 75 000 personnes (11%) sont détentrices d’un visa de résident permanent et environ 20 000 autres (3%) d’un visa lié à leur mariage avec une personne de nationalité sud-coréenne. Plus de 290 000 étrangers d’ascendance coréenne ont déclaré cette année 2014 leur résidence en Corée du Sud. Par ailleurs, le nombre de Coréens qui vivent en Corée tout en ayant une résidence permanente dans un autre pays est passé d’environ 40 000 en 2005 à 80 000 en 2014. Depuis les années 2000, le nombre de réfugiés nord-coréens a sensiblement augmenté, une majorité d’entre eux étant des femmes.

 Le nombre d’étrangers qui vivent en Corée est aujourd’hui non négligeable et apporte une diversité culturelle. Parmi ces derniers, les Chinois sont les plus nombreux et leurs affaires prospèrent dans les quartiers chinois d’Incheon et de Busan. Les Russes sont également très présents à Busan en raison des activités portuaires. De nombreux commerces russes s’installent aussi dans le quartier chinois de Busan, attirant ainsi de nombreux touristes. Des centaines de milliers d’Occidentaux vivent en Corée pour les affaires, pour enseigner ou encore participer à des exercices conjoints dans des camps militaires. Les chaînes de restauration rapide, les supermarchés, les banques, les compagnies d’assurance et les services de livraison en provenance des États-Unis et d’autres pays occidentaux se rencontrent partout (cf. chapitre 5).

 

 Les migrations des populations peuvent être caractérisées par la durée de résidence, les lieux, les distances et les motivations des déplacements. Une migration interne désigne un ensemble de déplacements entre régions, provinces ou villes. Le solde migratoire est la différence entre les entrées et les sorties d’un territoire donné au cours d’une certaine période. Si le nombre d’entrées est supérieur au nombre de sorties, alors le solde migratoire est positif. Dans le cas contraire, le solde migratoire est négatif. Le nombre total de migrants est obtenu en additionnant le nombre d’immigrants et le nombre d’émigrants. Le taux de migration brut d’une entité administrative est le rapport, en pourcentage, entre le nombre total de migrants et le nombre de résidents enregistré dans cette entité au 1er juillet de l’année.