Édition synthétique

Les changements climatiques selon les scénarios RCP 4,5 et 8,5

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 Les informations contenues sur les cartes et graphiques de cette section cherchent à donner un aperçu de l’avenir. Elles découlent des interprétations de scientifiques à partir de centaines de matrices de données qui sont développées depuis de nombreuses années à l’échelle mondiale. Les prévisions ainsi obtenues ne sauraient être définitives, mais elles donnent une idée de ce qui pourrait arriver à l’environnement climatique dans les 80 prochaines années si plusieurs critères physiques, sociaux et politiques sont réunis. Ces projections sont plus précisément fondées sur les travaux du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), un organe international de spécialistes qui a développé quatre scénarios. Ces derniers sont appelés RCP (Representative Concentration Pathways ou « Profils représentatifs d’évolution de concentration ») et désignent les trajectoires les plus probables des changements climatiques à l’échelle mondiale. Ils montrent que ces changements pourraient advenir si les différentes conditions du réchauffement atmosphérique à la limite supérieure de la troposphère sont dépassées. Mais ces RCP sont aussi liés à des modèles alternatifs dits de forçage radiatif (ou réchauffement atmosphérique) résultant de l’émission des gaz à effet de serre.

 Deux scénarios sont ici présentés, considérant des niveaux de projection en watts/m² en 2100. L’un, nommé RCP 4,5, est optimiste. Il considère que le niveau de forçage sera stabilisé à la fin du XXIe siècle. L’autre, appelé RCP 8,5, est plus pessimiste. Il suppose que le niveau de forçage continuera d’augmenter en relation avec la poursuite de l’accroissement d’émissions de gaz à effet de serre.

 La température annuelle moyenne de la péninsule coréenne, qui était de 11°C pour la période 1981-2010, devrait augmenter de manière constante tout au long du XXIe siècle. Les scénarios RCP 4,5 et 8,5 projettent une évolution similaire sur la période 2011-2040. Le premier suggère ensuite un ralentissement au milieu du siècle (2040-2070), si bien que la température annuelle moyenne devrait atteindre 14°C à la fin du siècle (ce qui correspond à la moyenne de la période 1981-2010 sur le littoral sud-est.) En revanche, le second scénario table sur une augmentation plus rapide à partir du milieu du XXIe siècle. La température annuelle moyenne devrait donc atteindre 16,7°C à la fin de ce siècle, soit l’équivalent des températures mesurées entre 1981 et 2010 au point le plus méridional de Jeju. Les températures annuelles minimales et maximales devraient suivre pour les deux scénarios un rythme similaire.

 Les précipitations annuelles devraient aussi augmenter jusqu’à la fin du XXIe siècle. En dépit de grandes différences selon les régions et les périodes considérées, les deux scénarios présentent des évolutions similaires, envisageant un déplacement des pluies diluviennes depuis le sud de la péninsule vers le littoral occidental. Les aménagements urbains de ces zones fortement arrosées pourraient ainsi subir certains dommages.

 La côte méridionale de la péninsule coréenne et l’île de Jeju sont aujourd’hui caractérisées par un climat humide subtropical. Avec l’accélération du réchauffement climatique, la limite du climat subtropical humide devrait migrer vers le nord. Le scénario RCP 4,5 prédit qu’à la fin du XXIe siècle, les côtes méridionales et occidentales ainsi que leur arrière-pays devraient passer sous climat subtropical humide. En revanche, avec le scenario RCP 8,5, presque toute la Corée du Sud deviendrait subtropicale, à l’exception des zones montagneuses. Ainsi, l’augmentation des nuits tropicales connaîtrait une évolution spatiale de même ordre. Les deux scénarios prévoient en outre une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur dans les terres basses, avec une hausse toutefois moins marquée dans le premier scénario. L’expansion spatiale des régions de domaine subtropical humide et la hausse attendue des températures auront probablement des effets sur les types de plantes cultivées et les rendements agricoles.