Édition synthétique

Les grandes villes et les unités administratives spéciales

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 Séoul a connu une augmentation rapide de sa population et de sa superficie à l’époque moderne. Durant la dynastie du Joseon (1392-1897), Séoul était ceinturée par une muraille ; elle possédait cinq arrondissements intérieurs (bu) qui composaient la « préfecture de Hanseong », et elle était entourée par une ville hors les murs, dite « sur une distance de 10 li » (Seongjeo simni), soit environ 4 km. Entre la fin du XIXe siècle et la période de domination coloniale japonaise (1910-1945), les limites de la ville se sont élargies au fur et à mesure de la construction de voies ferrées et de tramways. Une vaste zone résidentielle a été construite pour accueillir les Japonais ayant émigré en Corée, ainsi que les paysans qui se sont installés dans la ville au cours de cette période. À la fin du XIXe siècle, la population de la ville dépassait les 200 000 habitants. Après la Libération de 1945, elle avoisinait les 900 000 habitants et a continué de croître, notamment avec le retour des Coréens de l’étranger, pour atteindre 1,7 millions à la veille de la guerre de Corée. Cette augmentation déjà importante s’est poursuivie dans les années suivantes, et elle s’est encore accélérée dans certaines zones avec l’industrialisation rapide, à partir des années 1960. L’expansion urbaine s’est naturellement faite en direction de la périphérie et a été facilitée par l’ouverture de plusieurs lignes de métro.

 En 1963, certaines parties des comtés de Yangju, Gwangju et Gimpo ont été incorporées à Séoul, ce qui a permis d’étendre la superficie totale de son territoire de 269 à 593 km². La superficie actuelle de la ville est de 605 km², certaines parties des comtés de Siheung et de Goyang ayant été également absorbées en 1973.
Le nombre d’arrondissements (gu) a également augmenté avec l’expansion de la ville : alors qu’ils se comptaient au nombre de sept en 1943, leur nombre est passé à vingt-cinq aujourd’hui. Ainsi, il faut aujourd’hui différencier la municipalité de Séoul, qui constitue le centre de la métropole, et l’aire métropolitaine (le « Grand Séoul ») incluant Incheon et les villes en périphérie de la capitale.

 

 Cette série de cartes chronologiques illustre les phases d’expansion de Séoul avec l’augmentation très nette du nombre d’arrondissements (gu). Plus précisément, la croissance de la population a entraîné un morcellement de ces arrondissements situés en périphérie. Notons également que le cours du fleuve Han a évolué au fil du temps en raison du réaménagement de ses berges qui a permis de gagner du terrain et d’accueillir d’importants projets de construction dans le centre de Séoul. L’expansion spatiale des six villes métropolitaines est également représentée sous forme de cartes. Dans les six cas, cette expansion commence au centre-ville et s’étend vers les périphéries.

 À l’instar de Séoul, six autres villes ont connu une forte augmentation de leur population et de leur superficie. Elles sont ainsi devenues des « villes métropolitaines » qui ne sont plus sous la juridiction des provinces au sein desquelles elles sont géographiquement situées. Avec son port et ses installations portuaires, Busan s’est affirmée comme un centre logistique international en termes de trafic maritime. Daegu a incorporé plusieurs comtés avoisinants, tout comme Incheon qui constitue le point d’entrée vers Séoul. Aujourd’hui, Incheon est même devenue une plaque tournante aéroportuaire et financière en s’appuyant sur un vaste territoire déjà poldérisé. Gwangju et Daejeon ont quant à elles poursuivi leur expansion urbaine en incorporant les comtés voisins. Enfin, Ulsan est devenue la sixième ville métropolitaine en 1997, deux ans après les cinq premières, grâce à son complexe industriel qui comprend notamment l’usine automobile de Hyundai. Ces six villes sont aujourd’hui des centres urbains florissants qui accueillent une forte migration depuis ces deux dernières décennies. De grands projets de logement, ainsi que les services nécessaires comme les écoles, hôpitaux, installations culturelles, terrains de jeux, espaces verts et autres infrastructures, ont également été construits pour répondre aux besoins liés à la rapide augmentation de la population.

 

Une unité administrative particulière : la ville autonome spéciale de Sejong

 L’urbanisation rapide et continue de la Corée a engendré un développement déséquilibré entre les régions ainsi qu’une concentration des fonctions gouvernementales dans une seule ville. Une diversification spatiale s’est donc avérée nécessaire. Dès la fin des années 1970, le président Park Chung-hee a été le premier à élaborer le projet de relocaliser la capitale dans la région de Gongju (Chungcheong du Sud), car Séoul était considérée comme trop proche de la frontière nord-coréenne. Il a cependant fallu attendre une volonté politique ferme et une interprétation particulière de la Constitution coréenne – la Cour constitutionnelle de Corée s’opposant à un transfert de la capitale – pour qu’une nouvelle ville, Sejong, soit construite ex nihilo à partir de 2006 en vue d’accueillir de nombreuses institutions gouvernementales. En 2012, Sejong a été intégrée aux collectivités territoriales en tant que « ville autonome spéciale de Sejong ». À la fin de 2014, seize agences du gouvernement central, dix-neuf organisations liées au gouvernement et quatorze instituts publics de recherche et de développement s’étaient établis dans la ville. Un grand nombre de fonctionnaires ont dû quitter Séoul pour s’installer à Sejong dont la population devrait passer de 145 000 personnes en 2014 à environ 800 000 d’ici 2030. De nouveaux immeubles de grande hauteur ont été construits pour loger les nouveaux arrivants. Toutes les autres formes de services tels que les écoles, hôpitaux, restaurants, commissariats de police et casernes de pompiers ont également vu le jour. Une planification spatiale minutieuse a été mise en œuvre pour s’assurer que la ville serait bien structurée et offrirait toutes les fonctionnalités nécessaires au gouvernement central. Bien que Sejong soit une ville administrative multifonctionnelle, certains affirment qu’elle pourrait devenir la future capitale de la République de Corée, comme l’avait projeté Roh Moo-Hyun, initiateur du projet, au début de son mandat présidentiel (2003-2008).

 La carte de Sejong indique clairement les limites de la ville, ainsi que les principales routes et autoroutes. Les villes nouvelles se créent et s’étendent de manière planifiée, à la différence des villes plus anciennes qui évoluent avec le temps. Pour mieux identifier les nouveaux bâtiments et les constructions en cours, il peut également être utile de s’appuyer sur une image satellite qui fournit d’autres caractéristiques géographiques. On notera enfin une particularité de Sejong en termes de transport. La gare d’Osong la dessert par deux lignes de chemin de fer à grande vitesse, mais elle se trouve en dehors des limites administratives de la ville.

 

Une autre région administrative spéciale : Jeju

 Jeju est la plus grande île de Corée. Elle est connue pour ses magnifiques paysages naturels ainsi que son patrimoine culturel qui attirent un grand nombre de touristes. L’activité volcanique est à l’origine de la formation de l’île et se reflète dans la topographie locale avec le mont Halla (un volcan endormi au centre de l’île), de nombreux cônes parasites et des grottes. La valeur écologique et environnementale unique de l’île lui a valu d’être désignée par l’UNESCO comme réserve de biosphère en 2002 et d’être inscrite au patrimoine mondial en 2007. Jeju a également obtenu le label de géoparc mondial en 2010.

 Un environnement naturel bien préservé et un écosystème unique ont fait de Jeju un lieu idéal pour de nombreuses activités de loisirs. L’île est ainsi devenue une destination touristique internationale bien connue, à tel point que la ligne aérienne Séoul (Gimpo)-Jeju est l’une des plus fréquentées au monde.

 Jeju est devenue la première (et la seule) province autonome spéciale en 2006 en vue de mieux promouvoir son développement et les richesses propres de l’île. Il est également prévu de construire une ville internationale qui facilitera le libre-échange. Contrairement aux autres collectivités régionales, la province autonome spéciale de Jeju dispose d’une grande indépendance. Avec l’introduction audacieuse d’une déréglementation administrative et de normes internationales, elle attire aujourd’hui des visiteurs étrangers, des investisseurs ainsi qu’une population immigrante tout en garantissant la libre entreprise. Depuis qu’elle est devenue une province autonome spéciale, Jeju connaît également une augmentation du nombre de ses établissements étrangers d’enseignement qui viennent profiter ici d’une réglementation simplifiée.