Édition synthétique

Surveillance de la qualité des eaux

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La surveillance des eaux douces

 La pollution des eaux peut avoir diverses origines anthropiques, par exemple les rejets industriels, le ruissellement des engrais chimiques, le dépôt illégal de déchets dans les cours d’eau ou l’infiltration de produits chimiques dans le sol et les nappes d’eau souterraines. D’un point de vue scientifique, la pollution de l’eau peut se produire de deux façons : la dissolution de substances chimiques dans l’eau et la suspension ou la décantation de matériaux.

 Connaître l’état de la qualité de l’eau dans un pays nécessite de nombreuses stations de surveillance de l’eau réparties sur tout le territoire. Des échantillons d’eau doivent être prélevés et analysés pour contrôler la qualité de l’approvisionnement en eau potable, mais aussi de toutes les ressources en eau douce et dans les régions littorales aussi en eaux marines. Connaître la qualité des ressources hydriques disponibles est la première étape pour les protéger.

 En Corée, plusieurs ministères et même des sociétés privées sont impliqués dans la surveillance de la qualité de l’eau afin d’en limiter la pollution. Le réseau de surveillance de la qualité de l’eau sert à connaître son état et celui des écosystèmes aquatiques dans les étendues d’eau publiques telles que les fleuves, les rivières et les lacs. Les sites de surveillance de la qualité de l’eau sont sélectionnés selon les critères suivants : sites pour lesquels les paramètres de qualité doivent être connus ; sites où il importe de maintenir une bonne qualité ; sites permettant d’identifier les changements dans la qualité et l’évolution de la pollution ; sites pour analyser les entrées de polluants et leur impact dans les cours d’eau ; et enfin sites pour étudier la charge polluante due au mélange des eaux douces et salées. Actuellement, la surveillance de la qualité de l’eau est assurée par 2 188 sites. Les données sont diffusées à travers le Système d’information sur la gestion des ressources en eau (www.wamis.go.kr).

 Alors que les matériaux inertes comme le verre ou les céramiques ne provoquent pas beaucoup de dégâts dans l’eau, les substances chimiquement actives peuvent en altérer la composition. L’épuisement de l’oxygène qui occasionne l’asphyxie des poissons et autres organismes est une des principales préoccupations concernant les habitats aquatiques de surface.

 Quand trop de matériaux organiques sont en suspension, les décomposeurs comme les algues prolifèrent rapidement et utilisent l’oxygène pour recycler la matière organique, mettant en danger les poissons. La croissance excessive des algues en est un exemple typique. Des marées vertes se produisent quand des algues en suspension prolifèrent dans des cours d’eau au débit lent ou des lacs eutrophes (riches en minéraux et en nutriments). Les eaux renferment alors des concentrations élevées de carbone, mais aussi d’azote et de phosphore, deux composants majeurs des fertilisants agricoles qui deviennent des nutriments pour les décomposeurs dans les eaux de surface. Les algues libèrent de l’oxygène par photosynthèse durant le jour, mais en absorbent la nuit. Cela crée un milieu anaérobie fatal aux organismes aquatiques.

 Lorsque des marées vertes se produisent, la prolifération des algues vertes peut recouvrir la surface de l’eau faisant obstacle à la lumière du soleil. Dans les zones affectées par le phénomène, les plantes aquatiques de surface ont du mal à absorber suffisamment de lumière solaire pour maintenir la photosynthèse, si bien qu’elles commencent à mourir, ce qui renforce la quantité de matière organique disponible pour les décomposeurs. Tous ces facteurs accélèrent la dégradation de la qualité de l’eau. Dans le cas d’un apport normal de nutriments et de matière organique, les habitats aquatiques naturels de surface maintiennent un équilibre entre les espèces. Mais quand ces eaux reçoivent des quantités excessives de nutriments, l’équilibre du système est rompu.

 Bien que des marées vertes affectent les océans du monde entier, elles sont généralement d’étendue réduite et se cantonnent près des côtes. Depuis 2000, des marées vertes se forment chaque année dans la mer Jaune et dans la mer de Chine orientale, en particulier aux abords de la ville côtière de Qingdao et dans l’estuaire du Yangzi. On peut aussi trouver des petites tâches d’algues vertes en pleine mer. En Corée, c’est principalement dans les cours d’eau qu’elles apparaissent. Celles qui se forment en mer ne sont généralement pas menaçantes pour les côtes coréennes. La demande biologique en oxygène (DBO) et la demande chimique en oxygène (DCO) sont soigneusement surveillées. Le DBO renvoie à la quantité d’oxygène nécessaire pour oxyder par voie biologique des matières organiques comme des feuilles, des branches ou des algues mortes. La DCO renvoie à tous les matériaux organiques ou inorganiques, par exemple du fer rouillé, susceptibles de consommer de l’oxygène dissous.

 

 La carte de la surveillance de la pollution de l’eau distingue les observatoires de la qualité des eaux de rivières et des eaux souterraines. La localisation des observatoires est aussi différenciée selon les cinq principaux bassins versants. Un grand nombre de stations sont réparties dans tout le pays et leur densité est plus faible dans les régions de haute montagne. Les données sur la qualité des effluents relativement aux polluants sont disponibles l’échelle des municipalités urbaines et rurales. On distingue quatre catégories selon la qualité des effluents : bonne, assez bonne, moyenne et faible. Il s’avère que les zones urbaines les plus densément peuplées présentent la qualité de l’eau la plus basse. Par ailleurs, la qualité de l’eau est seulement moyenne dans une vaste zone à l’ouest du pays qui correspond à la ceinture agricole où les agriculteurs utilisent des engrais chimiques à haute teneur en azote et en phosphore.

 

La surveillance des eaux marines

 La Corée surveille régulièrement ses eaux côtières. Le réseau de surveillance de l’environnement marin sert de base à l’établissement d’une politique nationale de gestion et de protection. Ce réseau de surveillance prend en compte la gestion des eaux marines dans les ports, sur les littoraux, au large des côtes et dans les estuaires. Des campagnes de surveillance sont menées chaque année en février, mai, août et novembre dans un ensemble de 417 stations. En outre, le réseau de surveillance automatique de la qualité de l’eau de mer enregistre des données sur le lac Sihwa, les baies de Masan et d’Ulsan, le nouveau port de Yeosu et la zone côtière de Busan afin de mesurer la qualité de l’eau des estuaires, les points chauds de la pollution et les pollutions littorales. Les données sur la qualité des eaux côtières sont diffusées à travers le Système d’information sur l’environnement marin (www.meis.go.kr).

 La carte de la répartition de ces observatoires permet de voir que toute la côte orientale de la Corée du sud est jalonnée de stations et qu’un maillage de stations disséminées sur les trois façades maritimes du pays permet de recueillir des informations sur la qualité de l’eau de la mer Jaune, de la mer du Sud et de la mer de l’Est. Le graphique représentant la demande en oxygène chimique sur les côtes révèle clairement que les taux de demande chimique en oxygène sont constamment beaucoup plus élevés sur la côte ouest que sur la côte est qui enregistre les taux de DCO les plus bas.

 L’expression marée rouge désigne une situation où l’eau de mer se colore en rouge du fait d’une prolifération massive de phytoplancton, principalement des cyanobactéries, des diatomées et des dinoflagellés. Selon les variétés de plancton, la couleur de l’eau peut prendre des teintes de brun jaunâtre, de jaune ou de vert prairie. Les marées rouges peuvent sérieusement endommager les écosystèmes, car elles sont à même de décimer certaines espèces de poissons côtiers ou de mammifères marins.

 Alors qu’au début des années 1990 les diatomées étaient largement responsables des marées rouges le long de la côte méridionale de la Corée, une espèce de dinoflagellés marins appelée Cochlodinium polykrikoides est devenue la principale cause du phénomène depuis 1995. Des marées rouges provoquées par la multiplication de ce plancton marin se produisent dans les eaux entre les îles de Naro et de Namhae et s’étalent dans le détroit de Corée. Certaines années, elles se diffusent aussi vers la côte ouest et la mer de l’Est. L’augmentation de la température de surface de l’eau est une des causes de la plus grande fréquence des marées rouges, ce qui pourrait affecter le secteur de la pêche coréenne.